mardi 21 juin 2011

PAUVRE YÉHOЇAQIM


J’accepte de payer tribut au roi de France,
Pour mon palais royal. Nos terres confisquées
Pleurent en silence leur rachat. Offusqué
Par cette bêtise, le héros, en souffrance,

Dit non à ce trafic. J’accepte la cadence
De mes patrons, pour voir mes nombreux sobriquets
Dégouliner comme, avant, des rois embusqués,
Gâtaient la loyauté en royauté. Carence

De fidélité à mon peuple, mes calculs
Quotidiens faussent mes données. Je ne recule
Plus devant l’infamie. Je suis triste, mais quand

Le moment des sanglots vient, je feins de jouir
Du bonheur. J’accepte, désormais, d’enfouir
Le trésor collectif dans un sol de piquants.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
08 juin 2011 – Lomé.

LE DUC DE BOURGOGNE CHANTE :


J’ai déjà envoyé un expert militaire
À mon vassal, et il croit que c’est pour l’aider
À réorganiser son armée. Pour plaider
Sa cause, qu’il aille chercher un émissaire

Ailleurs ! Mon officier est plénipotentiaire :
Il veillera au grain, pour les soumettre. Dé
Jeté sur un plateau, le sort va le guider
Partout. Espion de renom, fameux vicaire,

Son attrait est égal à sa duplicité.
Il est avec eux, sans être pour eux. Sa cité
Lui dicte des ordres qu’il va exécuter.

Son grade colonial lui permet de régir
Sans peine. Au retour, il est obligé d’agir
Sans étoile. La vie entière à scruter !

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
17 juin 2011 – Lomé.

YÉHOЇAQIM EN MIROIR


Mes soldats ont frappé sans gêne mon rival,
Profitant du climat de tension, installé
Entre nous, après les élections. Pour aller
Le déloger, j’ai fait appel au roi du Val

De Grâce. L’outrage à magistrat qui dévale
Doit être négligé. J’ai diffusé l’aller
Et le retour honteux de mes recrues. Râler
Devant le monde, c’est le repas que j’avale

Pour apaiser ma faim et ma soif de pouvoir.
Mon pays sombre dans la débâcle et pourvoir
Aux besoins du peuple me conduit à mendier.

Cette prostitution, je ne l’ai pas voulue
Sciemment. Mes patrons m’y ont poussé. Vermoulu,
J’attends en silence mon sort, quitte à mendier.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
02 juin 2011 – Lomé.

ABSALOM MURMURE :


J’ai été élevé par un père ingénieux,
Une mère forte, parmi des frères et sœurs
Loyaux. Mes prétentions m’ont ligué contre eux. Cœur
De pierre, aujourd’hui, je côtoie des hommes envieux.

Je fredonne un mauvais chant, ô celui des vicieux !
Je combats pour régner et le trône rieur
Qui m’enchantait est ravi par un parieur
Plus audacieux. Notre pacte, moins vertueux

Que les précédents, nous conduit au térébinthe.
Partout, des clameurs me font découvrir la plainte
De mon peuple. Mais, j’ai renoncé à moi-même,

Pour accomplir cette tâche. J’obéis aux
Ordres. J’exécute le plan des vieux châteaux
Du nord, et mon reflet est horrible à moi-même.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
17 juin 2011 – Lomé.

UN JUGE INIQUE PARLE :

J’ai proclamé, en moins d’une année, deux vainqueurs Aux mêmes élections. La première fois, j’étais Maître de moi-même. La seconde fois, j’étais Aux prises avec forces des colons. Les deux vainqueurs Ont eu le mérite de prêter serment. Leur Sacerdoce parle de leur appui. J’étais Sidéré par le sort du premier. Mais, j’étais Forcé de dire que le second est vainqueur. Ma conscience est gênée par cet acte cruel : Je n’ose plus me voir dans un miroir. Duel Quotidien, je craque, j’abandonne la lutte. Ô, je reconnais que j’ai planté un figuier Maudit dans un champ de vignes. Oui, ce figuier Maudit sera coupé, et jeté dans une hutte ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 19 juin 2011 – Lomé.

REGRET


J’ai voulu vendre mon pays au plus offrant,
Établir un foyer harmonieux entre nous
Et la métropole, prendre soin des burnous…
Notre mauvais maître m’a assiégé, coffrant

Mon peuple dans une guerre civile. Franc,
J’ai négocié avec les insurgés. Mais, nous
Avons échoué dans nos discussions. Plus nous
Avancions, l’étau se resserrait. Grâce aux francs

Abondants, promis aux chefs et aux miliciens,
Certains de mes frères m’ont trahi. Praticiens
Occultes, leur combat est biaisé par le flot

De victimes laissées sur leur passage. Dans
Ma retraite, j’entends leurs bruits haineux. Pendant
Un court temps, le Seigneur va briser leurs complots.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
26 mai 2011 – Lomé.

DÉCLARATION DE YÉHOЇAQIM


J’ai reçu le soutien des colons, à Deauville,
Pour bâtir mon pays que j’ai détruit. Rêveur,
Je crois que promesses signifient vraie couleur.
Mes suzerains mettront en scène un vaudeville.

Au bal de Sanchérib, j’ai vu dans la charmille,
Certains dirigeants, plus attentifs aux valeurs
De leur république. Les signes avant-coureurs
De ma chute montrent l’appui de la famille

Odieuse qui me tend les pièges. Ma nation
M’a rejeté en bloc. Ma détermination
À œuvrer pour le bien de mes concitoyens

Est un discours trompeur. J’ai trahi tous mes frères,
En prenant le parti de l’oppresseur. Confrères
Cupides, sauvez-moi du chaos mitoyen !

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
28 mai 2011 – Lomé.