vendredi 24 janvier 2020

ABRICOT





J’ai réduit la plupart de mes concitoyens
À la mendicité. J’ai réduit la plupart
De mes sœurs en putes. J’ai réduit la plupart
De mes frères conscients en zémidjan. Doyen

D’une oligarchie, je brime les citoyens
Épris de justice. J’ai réduit la plupart
De mes godillots en esclaves, la plupart
De mes maîtresses en rut en faux mortier troyen.

J’ai réduit la plupart des villes en villages
Moyenâgeux, réduit nos hôpitaux, pillage
Du bien commun, en vrai dépotoir. J’ai réduit

Nos soldats en gardiens massacrés par des balles
Commandées. J’ai réduit tous nos marchés en salles
De gym pour astiquer les plaignants éconduits !

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
25 août 2014 – Lomé.

mercredi 22 janvier 2020

LA BELGIQUE ÉLIMINE LE BRÉSIL





J’ai éliminé le quintuple champion du
Monde de football sans peine, développant
Un jeu offensif qui le noie, enveloppant
Sa défense dans de beaux draps. J’ai attendu

Mon temps pour rayonner, mes honneurs étendus
En demi-finale. J’ai franchi, en stoppant
Le Brésil, la barre de trente-deux ans, pan
De ma résurrection. Mon rival confondu

A plié ses bagages, dérapé, s’écroulant
Constamment devant moi, son regard déroulant
Sa chute certaine. Lion blessé au fond

De la savane, la Seleção rejoint
Ses voisins déplumés, ébahis, sans benjoin,
Accréditant l’idée du primat de Belfond.

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         9 juillet 2018 – Lomé. 


DÉCLIN DU DAUPHIN





J’ai tranché la tête scélérate de Faure,
Versant hypocrite de la tour de Babel.
J’ai tendu la main à ce garçon, doux rebelle
À la voix du Seigneur, qui n’attend que Beaufort.

Aucun vrai secours ne vient de l’Occident, fort
Pour lier l’Afrique endolorie. Sa gabelle
Perfore tout le noir continent, décibels
À l’appui pour ruiner ses enfants. Ce confort

Des guignols milite en faveur d’une conscience
Collective à l’entrée du repos. Ma prescience
Engage l’univers à balayer l’infâme,

À sauter les verrous, à brandir l’étendard
De la croix hardiment et librement. Le dard
Du règne glorieux de l’Éternel te diffame !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         23 novembre 2013 – Lomé.



mardi 21 janvier 2020

SONNET POUR EMIL FORSBERG





J’ai marqué le seul but de la Suède face
À la Suisse, frayant aux Blågult un chemin
Dans le désert. Ailier gauche sans parchemin,
J’attire l’attention sur nous, mon interface

Portant les couleurs de mon pays. Mon palace
Sur le terrain fleurit, ornant nos lendemains,
Resserrant la droite de l’équipe, gamin
Altruiste. J’ai gagné un trône, plus loquace

Qu’un moine tibétain. J’ai quitté la Russie
Sans anicroche, mon tambourin preux… Aussi
Longtemps possible, mon tableau impressionnant

Va conditionner notre public acquis
À la couronne… J’ai regagné le maquis
Décapant l’isoloir scandinave, dînant …

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         27 juillet 2018 – Lomé.


LA FIN DE LA SERVITUDE





J'ai brisé le joug de Faure Gnassingbé sur
Le Togo, libéré tous les captifs de sa
Dictature éhontée. J'ai délivré de sa
Main de fer l'armée, en faction pour nous. Chaussure

Du colon, exploitant sa traîtrise, cassure
Et misère chantent sa chute. En deçà
Des Pyrénées, ô son veau d'or pèse un épha !
J'affranchis toutes les collines ; je rassure

Mes compatriotes que la fin du calvaire
Tourne une page sombre, nous montre l'envers
De la médaille. J'ai arraché au tyran

L'héritage des fils, l'autorité réelle.
J'ai chassé ce guignol pour bâtir l'irréel
Du passé au présent, le futur admirant!

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
21 février 2015 - Lomé.

lundi 20 janvier 2020

LE PONT D’IÉNA / LE PONT DE BIR-HAKEIM





Lit de la Seine, rends-moi le spasme
De l’amitié fleurie, holocauste fumant
La solitude d’une ville récitant
Victorieuse, le chant du sarcasme.

Permets aux compagnons de jouer la sirène
Monotone du cortège en file bleue.
Là, tu coules, larmoyant, la tête en feu,
Célébrant les noces émues de Madeleine.

Le soleil clair, absent aux dents matinales
Halène encore le rayon auroral,
Au coin d’une rue dominant le Val d’Oise.

Gis ici ! larmes en fête ! du vrai bonheur !
Le mur blanc, gérant tes plaies en signe d’honneur,
Sanctifie l’Amie, la sœur, en robe turquoise.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
20 janvier 2002 – Pierrelaye.

SONNET POUR PAOLO GUERRERO





Je suis le meilleur buteur de la sélection
Péruvienne, fer de lance de la veillée
Lutécienne, attaquant hors pair, bien éveillé
Pour marquer plusieurs buts. Renard, mon élection

À Lima rappelle Cubillas, des sections
Glorieuses du passé, équipe surveillée
Comme le lait sur le feu. Quand j’ai réveillé
La vieille gloire, sûr d’épandre ma passion,

Bâtisseur, j’augmente les chances des joueurs
Du présent décevant. J’ai marqué les couleurs
De mon pays, ô la Blanquirroja, heureuse

D’exploser de jeunes pousses en milliards !
Coqueluche de la ville, tous mes billards
Défraient la chronique, ma scène douloureuse…

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         9 août 2018 – Lomé.