jeudi 25 juillet 2019

AUTOPORTRAIT 54





J’ai eu un ménage malheureux, culminant
Dans l’incompréhension, le mépris, solitude
Et chaos étant mes compagnes. Mes études
De lettres dénigrées, mon génie ruminant

Sous ordres affectés d’un geôlier laminant
Mon trésor au fond d’un vase élidé. Ma rude
Épreuve, commencée soir des noces au sud
Du parvis, étouffa mon affect, calcinant

Ma toile. J’ai bramé comme un âne perdu
Sous le poids écrasant du destin, éperdu,
Frottant ma galère dans l’ombre, regrettant

Mon choix, ma confiance renouvelée encor
À une liane. J’ai vécu par la foi, cor
En berne, cœur gros, cri strident, ô m’endettant !

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
12 juillet 2014 – Lomé.

COMPLAINTE SUR ISAAC DOGBO





J’ai été séduit par tes chansons dès l’aurore,
Écoutant nuit et jour tes disques mélodieux.
Ton succès mondial te place dans l’harmonieux
Registre de notre Père céleste. Flore,

Tu fleuris près des cours d’eau comme un madrépore,
Glorifiant ta terre natale, radieux
Compositeur, proche du peuple. Compendieux,
Tes morceaux défient les lois, ouvrant le folklore

Partout. Organiste modèle, tu animes
Les cultes avecque maestria, synonyme
De félicité. Tu nous as quittés, vainqueur

Du chant choral ! Comme un vrai conquérant, ô toutes
Les générations décriront sous ta voûte
Ton génie ! Tu t’en vas triomphant, sans rancœur.

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         23 octobre 2017 – Lomé.

AVANT-PROPOS. QUAND LE TRIOMPHE FRAPPE À LA PORTE !




J'ai rassemblé dans le recueil Soir de bataille des poèmes que j'ai écrits, à l'aveuglette, à partir de la deuxième moitié de février 2015, en pleine période électorale. Beaucoup de sonnets se rapportent aux élections présidentielles, habilement négociées par la junte au pouvoir à Lomé.
J'ai plaidé à genoux pour le peuple opprimé, n'hésitant pas à hausser le ton pour traire ma jument à l'approche du danger. J'ai dressé à Guilgal une forteresse impénétrable, heureux de défendre mes frères et sœurs désabusés contre les prédateurs.
Au lieu de focaliser notre attention sur le réquisitoire de l'oppression d'une nation pilote, fière de ses enfants proscrits, marginalisés par les félons, il vaut mieux savourer avec nous la chute du système macabre qui gouverne la planète, qui impose ses lois de l'Occident aux autres parties du globe, surtout au tiers monde et à l'Afrique enchaînée, désorbitée, sans voix.
L'imminence de cette décadence est visible, non seulement dans le ton péremptoire du poète voyant, mais aussi dans l'accomplissement des paroles qu'il a proférées ouvertement sur la terre, relayées par les cieux et l’Éternel des armées qui l'écoute avec plaisir.
Ce vibrant hommage à la poésie pionnière du héraut de la résurgence africaine s'est fait avec des témoins oculaires que le rhapsode salue de façon magistrale, à travers une langue somptueuse et une forme poétique éprouvée par le temps et l'espace.
Ce chef-d’œuvre inaugure une nouvelle ère, au cours de laquelle, les solutions opaques aux problèmes de nos pays qui croupissent sous le joug colonial, vont céder le passage à l'épanouissement de chaque citoyen dans une nation restaurée.
Puisse cette branche d'amandier conduire notre Créateur à parfaire l'épuration du continent noir et par ricochet asseoir la justice sociale et l'équité au-delà de nos frontières.


Ananivi Hosé KOUDOUOVOH







mercredi 24 juillet 2019

LA POTASSE DES FOULONS


 




J’ai fêté au Palais du Louvre ma victoire

Sur la dictature de Faure Gnassingbé,

Devant des centaines de témoins. À Djigbé,

Le peuple togolais s’enflamme, promontoire



Effrité depuis plus d’un siècle. Offertoire

Étrange, je dédie mon triomphe à Kpogbé,

Célébrant la fin de l’oppression à Dangbé,

Contemplant la chute du dauphin, consistoire



En berne, liégeant tous les discours déshonnêtes,

À l’entrée du repos de l’Éternel. Saynète,

Ma parade de nuit a transformé le cours



De l’histoire de tous les opprimés, nimbant

L’Afrique endolorie, l’Occident regimbant

Contre les aiguillons, le rameur au long cours !





Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

24 juillet 2019 – Paris.




mardi 23 juillet 2019

LA CHUTE DU CAPITALISME




J’ai frappé Mammon, le serpent qui séduisait
Les humains pour prendre leur vie entre ses griffes.
J’ai frappé le diable, le serpent ancien, pif
Ensanglanté, museau saignant l’effroi. Fusait

Sa queue écarlate. Sa gueule produisait
L’épouvante dans le monde. Les riches kiffent
Son pouvoir ténébreux, les pauvres se rebiffent
De sa domination. Le globe diffusait

Sa méchanceté sans être en forme pour taire
Sa terreur aveugle. J’ai frappé sur la terre
Le léviathan, monstre marin grouillant piteux,

Effaré par le feu du fondeur et l’épée
Du jugement tranchant sa tête. Nyatépé
Prend sa destinée en main, roi calamiteux !

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
16 novembre 2013 – Lomé.

LA FORCE LICORNE





La force Licorne a bombardé le palais
Du Président Gbagbo impunément. Cet acte
Qui provoque les Noirs ressemble à une insulte
Adressée au peuple africain. Tous les Français

Qui ont dirigé la cabale sont défaits
Dans le cœur de cette génération. Contact
Violent avec nous tous, ces raids signent le pacte
D’agression barbare des colons contrefaits

Avec nous. Le jour s’est levé pour que la guerre
Continue menée par l’Occident sur nos terres
Frappe tous ceux qui croient aux discours politiques

Trompeurs. Le massacre d’Abidjan s’est déjà
Produit ailleurs. Demain, tous ces violents combats
Vont revenir si nous nous taisons en Afrique.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
11 avril 2011 – Lomé.

SOUVENIR DE DALIA





J’ai délivré cette terre maudite des
Griffes du diable pour proclamer aux captifs
Le recouvrement de la vue. Bastion fictif,
Je l’ai démystifié en frappant ce dadais

De la verge du ciel. Le piquet répondait
Au cri de détresse des méchants, très actifs
Pour le péché. De la forêt brisée, rétif,
J’ai annoncé, vaillant, la chute des godets

Avant l’éclat de sa majesté. Hobereau
Ténébreux, ma foi t’a arraché passereaux
Et détroits au rendez-vous de la destruction.

Pauvre hameau, menton fracassé puis dévêtu,
Chancelant, tu bats de l’aile, sec, revêtu
De la puissance du repos, sans traduction !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         27 juillet 2013 – Lomé.