lundi 19 octobre 2020

CHANT DE JÉZABEL



« Jésus leur dit: N'avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle; C'est du Seigneur que cela est venu, Et c'est un prodige à nos yeux? C'est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. »

(Matthieu chapitre 21, versets 42 à 44)

 

Je cherche toujours à séduire le poète

Voyant, remuant ciel et terre pour l’avoir :

Femme hypocrite, je m’embrouille, mon bavoir

Souillé par amour de l’argent, sonnant trompette

 

Aux profanes afin de les berner ; je pète

Les plombs, la volupté décriant mon savoir,

Cachée à l’Église pour dégammer, lavoir

Des mauvais riches qui m’enculent ; je répète

 

Des flatteries à mes partenaires pour des

Intérêts, mon orgueil frappant tous les dadais ;

Mon égoïsme me pend au soleil devant

 

La terre qui punit les crimes ; je joue la

Sainte-ni-touche, ma conscience étouffée, la

Paix avec Dieu jamais mon affaire, rêvant !

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         19 octobre 2020.

 

 

samedi 17 octobre 2020

LA CHUTE DE DONALD TRUMP



« Samuel lui dit : L’Éternel déchire aujourd’hui de dessus toi la royauté d’Israël, et il la donne à un autre, qui est meilleur que toi (…) L’Éternel te traite comme je te l’avais annoncé de sa part ; l’Éternel a déchiré la royauté d’entre tes mains, et l’a donnée à un autre, à David. »

 

(1 Samuel chapitre 15, verset 28 ; 1 Samuel chapitre 28, verset 17)

 

Je voudrais envoyer l’armée pour réprimer

La manifestation populaire en faveur

De George Floyd, Noir assassiné, saveur

D’un policier blanc qui est raciste, arrimé

 

À mon froc décevant, bouvreuil criant, primé

Par suprématistes odieux, raton laveur

Cherchant une proie à dévorer, moi haveur

Fatigué des charges contre les opprimés :

 

J’ai frappé ce chacal, mon javelot perçant

Son cœur enchaîné par le diable, transperçant

Sa côte, stupide comme un orang-outan,

 

Bavant continûment, sa mémoire effacée,

Roi lépreux, rejeté, son livre préfacé

Par des coyotes, sa maison nue, arc-boutant !

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         2 juin 2020.    

DIMANCHE AU CHÂTEAU DE VINCENNES



J’ai déchu Faure de sa grandeur au château

De Vincennes, fêtant la libération

Du Togo, bannissant gaîment la prédation,

Punissant les traîtres fauchés sur le bateau

 

De leur brisement sur terre. Quand mon marteau

Renverse le dauphin rusé, aberration

Du continent noir à la mer, sa crémation

Va servir d’exemple aux pions et son gâteau

 

D’anniversaire sans cerise surprendra

Le monde enveloppé encor dans de beaux draps.

J’ai plombé la voûte céleste du dynaste

 

Épris de royauté, s’accrochant au pouvoir

Afin d’accomplir sa damnation, sans mouvoir

Pour le peuple asservi, victime de ses fastes !

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         9 septembre 2019 – Cergy.

 

jeudi 15 octobre 2020

COUVRE-FEU D’EMMANUEL MACRON



Je fais toujours du coq-à-l’âne, mon orgueil

M’aveuglant sans cesse : mon show à la télé

N’enchante plus, pauvre Amiénois démantelé

Par un simple virus ; au jardin de Bourgueil,

 

Mon fronton libertin déchante, mon recueil

De plaintes en lambeaux, mannequin potelé

Faisant naufrage sans bruit, labour attelé

Sauvant mon quinquennat désastreux, l’écureuil

 

Magique chantant ma complainte du progrès,

La clé du dialogue perdue, château en grès

Blanc pris d’assaut par des pirates, franc-maçon

 

Au comble du malheur, cétacé échouant

Chaque saison, plage en contrebas, déjouant

Le monologue de Don Diègue, limaçon !

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         15 octobre 2020.  

ORACLE SUR NINIVE

      


J'ai la langue fourchue : mégère, je dénigre

Le poète voyant, croyant que sa richesse

Était tributaire des hommes. Sécheresse,

Ma vie désordonnée ne m'apprend rien. Ô bigre,

 

J'opprime ses enfants sans raison comme un tigre

Qui feule, cachant ma perfidie. Ma détresse

Me conduit au bûcher, servante pécheresse

Confondant les vases d'honneur et la boue. Bougre,

 

J'ai perdu la maison d'adoption convoitée,

Ma bêtise frappant le monde. Sans doigté,

Je réagis, cochon embourbé chaque fois !

 

Mon orgueil m'enlise, lorsque mon impatience

M'entraîne aux cachots du désespoir. Déchéance,

Mon fronton libertin m'engloutit sans beffroi.

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         30 mars 2018 – Lomé.

FIN DE RÉGENCE


 


J’ai abusé de mes frères pour me voter

Les pleins pouvoirs dans la gestion des biens de notre

Mère. J’ai voté les pleins pouvoirs, faux apôtre

De la paix. J’ai voté les pleins pouvoirs, voté

 

Les pleins pouvoirs ô pour brimer ! J’avais noté

Les agneaux égorgés avant l’août. Quant aux autres

Frères, fanfaron, je vais envoyer l’épeautre

Du malheur sur leurs dents brisées. Je vais roter

 

Sans gêne pour moudre le blé à Angibault.

Je vais rendre la vie dure à Arthur Rimbaud,

À ses défenseurs, à ses enfants. J’ai perdu

 

Sur toute la ligne, m’acharnant sur sans-force :

L’Éternel m’a fauché sans rémission, écorce

D’un arbre mauvais, bon pour la cheminée du…

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         15 JUIN 2016 – LOMÉ.

CANTIQUE DE DELILA


 


J’ai livré mon mari aux foudres du régime

Sanguinaire de Faure Gnassingbé, jetant

Le discrédit sur ses dents, mon œil rejetant

L’Éternel des armées qu’il sert jusqu’à l’infime

 

Partie du malheur que j’orchestre : je rédime

Le bourreau du peuple togolais, projetant

D’absoudre ses péchés, génocide mettant

À rude épreuve le poète voyant, cime

 

De la Résistance à l’infamie du vassal

De l’Occident fripon, dépouillant notre salle

À manger pour dîner avecque le colon

 

Insatiable, chanson funèbre de l’Afrique

Enchaînée par félons, prédateurs pour qui fric

Passe avant tout, la vie sacrifiée, Apollon !

 

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH

         24 mai 2020.