dimanche 19 juillet 2020

ÉPINES DE ROSES



J’ai négligé maman au profit de Rachel,
Habillant une truie, sifflant ma vocation,
Bourreau de mes faux beaux jours, son embarcation
Au naufrage, son mât calleux à La Rochelle,

Dépouillé par l’Alpha, l’Oméga, son échelle
Des valeurs défaite, son cœur, défécation,
À changer, ses excès de table, vacation
Étrange, luxure, en arrière-plan, Seychelles

Envahies par criquets, sa langue reprenant
Le refrain de l’argent facile, entreprenant
Ma corruption, fourchue, s’abîme au fond des mers,

Son tissu déteint se fissure, ses haillons
Se déploient, ingrate, colonne des maillons
Faibles de l’OTAN, mes rets sur ses dents mammaires !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         16 juillet 2020.    

samedi 18 juillet 2020

SONNET POUR WENDER




Je conduis brillamment la fanfare, prenant
Soin de notre orchestre nuit et jour, disposé
À porter l’Église au firmament, opposé
Aux discriminations, rassemblant les tenants

De ma communauté, j’affermis, covenant,
Mes frères et sœurs sous éteignoir, apposé
Au lion de Juda, répandant la rosée
De l’Hermon sur notre figure, reprenant

Une toile vieille de plusieurs millénaires :
Duc de Bourgogne, ma fortune liminaire
Dame le pion au roi de France, froment

Délicieux du peuple, rétréci par la langue
Des négriers, le joug du pouvoir central, la mangue
Déjà digérée par nos ancêtres, roman…

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         20 juin 2020.

vendredi 17 juillet 2020

INTERMEZZO DE DONA





J’ai la déclaration la plus prestigieuse,
Redorant le blason de la baie d’Arcachon,
Sans cor ni cri, mon chef d’orchestre des cachons,
Réinventé sans fin, ma flamme litigieuse

Célébrée de tout temps, l’œil de la religieuse
Crevé pour libérer la terre du souchon,
Dire l’Angélus in petto, pluie des bouchons
Surgelés au printemps, symphonie courageuse

Dans un lieu social par excellence, pinson
D’un concert en vers blancs, avenue des bisons
Domestiqués sur le quai d’une aérogare,

Cerceaux en lanières, mes guirlandes précoces
Rechargées pour de bon, le vent de Cappadoce
Soufflant en continu, orage sur Hoggar !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         13 juillet 2020 – Paris.   




mercredi 15 juillet 2020

INTERVIEW D’EMMANUEL MACRON





« Je n’ai pas une seule goutte de sang français mais la France coule dans mes veines. »

Romain Gary (1914-1980)


Je cache toujours à la France éberluée
Mon désir de régner sans partage : mes gants
De fer tombent un à un, sujet intrigant,
Mes prérogatives s’effilochent, ruée

Vers l’or gangrenant mon front blême, ma buée
Hétéroclite se décline, fatiguant
Mes collaborateurs en cavale, taguant
Mon entêtement, ma sourde oreille, nuée

Couvrant mon quinquennat décevant, le mystère
Des rois mages m’ayant rattrapé, presbytère
Vide, déchargeant mon échec sur le notaire

Du Havre, l’épine dorsale de mon froc
Dispersée à l’envi ; quand tous ceux qui défroquent
Déploient leur foulard sous la pluie, je suis austère !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         16 juillet 2020.   

lundi 13 juillet 2020

AUTOPORTRAIT 7





Le plus beau jour de ma vie, c’est sans aucun doute
Le treize juillet mil neuf cent quatre-vingt-douze,
Quand je suis devenu champion du Togo… Douze
Légions d’anges veillaient sur moi. Si je redoute

Le mal qui m’éloigne des jeux de lettres, toute
Mon attention va à l’époque où, comme Booz,
Ruth venait glaner dans mon champ. Ceux qui épousent
Ma soif de jouer et de gagner, contre toute

Attente, ont été les premiers à me défendre
De jouer. J’ai perdu la force de reprendre
Les jeux, mais convaincu de figurer toujours

Parmi l’élite. Je voudrais conquérir d’autres
Titres, bien retrouver l’équilibre d’une autre
Consécration, voir ma passion au fond du jour.

Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
21 février 2012 – Lomé.

dimanche 12 juillet 2020

LE FEU DU FONDEUR




 J’ai fauché samedi Faure Gnassingbé sous

L’Arc de triomphe, avec l’épée du jugement,

Afin de délivrer le Togo, ferrement

Du repos de l’Ancien des jours. Sur le Picsou,



J’ai confessé le poids du péché, des dessous

Horribles du colon, de ses pions, brusquement

Suzerain après la traite des Nègres, van

À la main pour chanter la justice. Dissous,



Le joug de fer de cet épervier reconquiert

L’héritage qui est dévasté. Je requiers

La sagesse de mon rédempteur : réparer



Les brèches au moment opportun, restaurer

Notre patrimoine usurpé par Chicorées,

Distribué aux veuves/orphelins, parés…



           Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
18 juillet 2019 – Paris.

vendredi 10 juillet 2020

COMPLAINTE SUR NICODÈME BIGOU





J’ai parcouru plusieurs milliers de kilomètres
Pour être au chevet de mon père agonisant,
Lui rendre un hommage mérité, tannisant
Sa peau de panthère avecque joie, géomètre

D’exception, prenant soin de ses enfants, maître
En arts culinaires, ta foi fragilisant
Les impies, ton sarment émondé, relisant
La Sainte Écriture avecque le cœur, périmètre

Sans relâche élargi par ton Père céleste,
Ton témoignage sur les lèvres, sans conteste
Portant l’auréole des saints, tes ornements

Sacrés, protégeant ta descendance, bannière
Élevant ton peuple au firmament, tes lanières
Bénissant les élus, éduquant sûrement !

         Ananivi Hosé KOUDOUOVOH
         19 juin 2020.