vendredi 30 mai 2014

SONNET POUR KWASSI KLUTSÈ

J’ai été le premier à quitter les palais Luxueux pour dresser ma tente près des eaux D’irrigation. Conscient des enjeux, passereau, J’ai régné sobrement, évitant les délais Poudreux au peuple, sûr de gagner. Mon balai A servi, assaini les finances. Réseau Étanche, mon fauteuil a plafonné taureaux Mouflons, muftis, moujiks, mimosas, cor malais Aux rendez-vous saillants. J’ai sonné la trompette Du retour avec les arrhes de l’Esprit, dette Morale en veilleuse. J’ai joué de la flûte Humblement, m’illustrant comme un grand rassembleur. Dans mes quartiers, j’ai vu, innocent, le sableur Et le gourmet être sur le sable. Percute ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 10 août 2013 – Lomé.

dimanche 25 mai 2014

AUTOPORTRAIT 33

J'aime ma mère comme un gamin. Benjamin Reconnaissant, j'ai dû renoncer à la gloire De l'Occident pour la suivre au Togo, couloir Étroit entre rêve et réalité. Demain, La postérité comprendra mes parchemins Et mon sacrifice. Je pleure l'abreuvoir Français qui m'a soûlé, tous les lits dérisoires Sur lesquels ma passion a trouvé son chemin, Le fameux doctorat auquel je tiens, séjour Onéreux vers une carrière… J'ai toujours Envie de mes tétées, de mes bains à l'eau chaude Dont elle a le secret, de mes plats préférés, À son ombre, de son écoute lacérée Par le temps, de sa grande beauté émeraude… Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 30 août 2012 – Lomé.

mercredi 21 mai 2014

DRÔLE DE FONDATEUR

J’ai fondé une école pilote et innovante Sur les ruines de mon foyer. Menteur, je mets En épingle toutes mes lectures, promets Ciel et terre aux femmes pour semer l’épouvante. J’ai fondé une école pilote et innovante Sur le sang dispersé du personnel. Gourmet, J’achète des poissons exotiques, remets À demain la paie des enseignants. Je me vante D’avoir reçu une formation sérieuse De syndicaliste. Gestion calamiteuse, Mon bilan sans appel me montre la sortie. J’ai fondé une école pilote et innovante Pour déstabiliser mon pays. Décevante, Ma relation à autrui tient les orties. Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 18 février 2014 – Lomé.

LETTRE AUX MÉDIAS

J’ai pris en otage tous les médias d’État, Décapitant tous les journalistes à l’affût De la liberté et de la vérité. Fût Vidé par le colon, j’ai fauché en bêta Mes frères et sœurs conscients des enjeux. Reliquat D’une pyramide ampoulée, je dicte au flux Qui me berce comme un enfant gâté l’abus Du pouvoir exercé par mes godillots, tas D’immondices aux titres ronflants. Vassal à vie, J’ai nommé mes valets les plus soumis, avis Aux amateurs pour la mise en scène élégante. J’ai dompté ainsi ceux qui doivent libérer La vie, éclairer le peuple pour conférer Aux chantres équitables l’onction qui déchante… Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 02 mai 2014 – Lomé.

LETTRE AUX SUPPORTERS OCCIDENTAUX

Je pousse des cris de singe pour célébrer La suprématie des joueurs noirs. Fin raciste, J’entonne un cantique de gloire, roi fasciste Immolant des agneaux sans tache. Démembrer L’Afrique nous conduit chaque fois à cabrer Quand elle sourit, à vilipender bassiste Et maestro au fond des stades. Pur laxiste Pour nos pétales, je fane ce qui est timbré Ailleurs. Sans fair-play, je détruis le sport, régnant Par la haine, liégeant des vedettes, trépignant Des stars au gré du vent. Je porte sans ambages L’opprobre d’un peuple décapité, jappant Devant le fiacre, mu par mon temps dérapant. J’ai perdu repère et boussole, sans bagage ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 25 mars 2014 – Lomé.

samedi 17 mai 2014

MOT DE L’AUTEUR À L’OCCASION DE LA DÉDICACE DU RECUEIL DE POÈMES LAMENTATIONS SUR LA CÔTE D’IVOIRE D’ANANIVI HOSÉ KOUDOUOVOH, LE SAMEDI 6 AVRIL 2013, À LA MATERNELLE DE L’ÉCOLE ALPHA, À LOMÉ.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Auguste assemblée ! « Le souffle du Seigneur Dieu est sur moi, car le Seigneur m’a conféré l’onction. Il m’a envoyé porter une bonne nouvelle aux pauvres, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur libération et aux prisonniers leur élargissement
». J’ai écrit les Lamentations sur la Côte d’Ivoire, à la demande de mes élèves de la seconde générale A de l’année scolaire 2010-2011 de l’École Alpha, au lendemain du bombardement par la force Licorne de la résidence du Président Laurent Gbagbo. Cet acte violent et provocateur n’a jamais cessé de me hanter au cours des mois qui ont suivi ces frappes aériennes destructrices, ordonnées par la France colonialiste du Président Nicolas Sarkozy. Deux ans après la terreur, je me réjouis de prendre la parole devant vous, en tant que poète, dans le berceau de ce recueil de poèmes, pour dénoncer les commanditaires et les profiteurs de cette ignominie. La guerre civile en Côte d’Ivoire a détruit un pays africain au passé glorieux dont le reflet a attiré la jalousie des prédateurs qui ont organisé un vaste complot de déstabilisation pour briser ce célèbre miroir sous régional, avec la complicité de l’Afrique désorbitée et sans voix et la trahison de certains Ivoiriens égoïstes, cupides, assoifés de pouvoir. J’ai voulu, dans « mes vers tout remplis de fusain », flétrir non seulement l’hypocrisie de l’Occident impérialiste et fripon mais aussi la couardise ambiante des Africains, plus soucieux de l’intérêt personnel éphémère que de l’intérêt collectif, héroïque et éternel. Je ne voudrais pas revenir sur la litanie des exactions de la junte au pouvoir, avec son lot de discours démagogiques car le chaos actuel dévoile l’irrationnel de son arbitraire. Au contraire, j’aimerais saluer la mobilisation spontanée des « jeunes patriotes », à maintes reprises, pour porter secours à la patrie en danger, chaque fois qu’elle était assiégée, pour servir de bouclier humain au roi embusqué, pour choisir de mourir triomphants sous les balles des agresseurs qui croyaient que l’effet des baïonnettes suffirait à les désemparer. Je regrette la manipulation des consciences orchestrée par les médias occidentaux, malheureusement relayés par les chaînes africaines, englouties par la candeur et les moyens limités. Ainsi donc, au cours du conflit, Laurent Gbagbo et ses collaborateurs étaient passés à tabac, diabolisés par la métropole et ses alliés tandis que « ADO, LE ROITELET » était présenté comme un démocrate, un sauveur, le Messie. À l’heure du bilan, plus personne n’est dupe ! Le strapontin passe son temps à céder des contrats juteux aux grandes entreprises étrangères et « vit son martyre sur le trône immonde qui l’abandonnera ». Cependant nous croyons que la libération des détenus politiques sera une « opération éclectique » et le retour triomphal du Président Laurent Gbagbo, un impératif catégorique ! À l’aube de ce jour, point n’est besoin de crier sur les toits le retour des réfugiés politiques auxquels on prévoit l’échafaud parce que, de tous les horizons, des quatre coins du monde, un peuple debout affluera pour chanter en chœur l’hymne d’allégresse, à la gloire du Dieu vivant qui compatit aux douleurs de l’Afrique opprimée et prend soin de ses enfants car, contrairement aux préjugés, aux hérésies, à la mauvaise foi des prédateurs, le ciel est son trône et la terre son marchepied. Puisse cette œuvre littéraire contribuer à renouveler l’intelligence de l’Afrique endolorie et par-delà asseoir une paix véritable dans le monde, à l’heure où nous entrons dans le repos de l’Éternel qui a fait le ciel et la terre. Je vous remercie. Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 05 avril 2013 – Lomé.

CORPS DE LA PAIX, CINQUANTE ANS DÉJÀ!

L’appel du Président Kennedy, écouté Par plusieurs milliers de volontaires, permet Aux Américains de connaître les sommets Encor inconnus il y a cinquante ans. Douter Maintenant de ce corps, c’est nier la loyauté De ces jeunes gens qui ont pris des risques, ramé À contre-courant pour voir les peuples entamer La connaissance qu’il faut d’eux-mêmes. Beauté De l’âme, qualité de vie, la tolérance Passe par-là ! En tout cas, le grain de confiance, Utile aux humains, a bien germé dans l’esprit Des dirigeants du bloc prédestiné par Dieu À l’éclosion d’une nouvelle ère. Pardieu ! Le chef suprême est un homme noir, grand d’esprit ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 03 mars 2011 – Lomé.