jeudi 2 janvier 2014

TRISTE ANNIVERSAIRE

J’ai envoyé l’armée interrompre la marche Du Togo vers plus de liberté, profanant La primature sous les verrous, défanant Le sarment. J’ai voulu décapiter sans arche Le peuple fatigué de ma cruauté. Perche Méchante, j’ai trahi la nation en fanant Ses pétales dans la fleur de l’âge, tannant Ses chantres au supplice, soudard en patriarche ! J’ai envoyé une marée humaine dans Les rues pour saluer le héros, répondant Unique des forces vives du pays. J’ai Envoyé au bruit des canons l’humain intègre Au Capitole, léchant ses blessures. Réintègre Ton rang, combattant la tyrannie ! Adroit, j’ai… Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 14 décembre 2013 – Lomé.

VILLANELLE D’INGRID AWADÉ

Je voudrais garder ma lampe allumée devant L’Éternel des armées pour absoudre les miens, Dépassés par le vent d’Ouessant. Os vomérien, Je flaire le danger, contemplant du levant Les couleurs de demain. Je cherche un abrivent, Persuadée que le secours vient de Sion. Rien Ne vaut ma volonté d’être élue. Ô combien De joie dans ma mission ! Je quitte mon auvent Pour plaider la cause commune, illuminée Par l’Esprit, confiante en l’avenir, graminée Divine ! Du fond du cœur, je fais des actions De grâce, certaine que la moisson abonde Après la semence. Semblable à Cunégonde, Je baigne sans leurre dans le repos. Traction ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 15 juillet 2013 – Lomé.

SONNET POUR FAMBARÉ OUATTARA NATCHABA

J’ai diligenté la politique au Togo Pendant une longue période. Éminent Juriste, j’avalais fièrement les tenants De l’opposition chaque saison au Congo. J’ai gravi tous les échelons. Fin Parigot, J’ai vidé mon carquois en exil, déminant Le terrain, consacrant le dauphin. Culminant Sans fin au sommet, j’ai voulu au marigot Agiter le sceptre royal pour triompher Sans effusion de sang. La gorge paraphée De sceaux, j’ai regagné le bercail, vigoureux Comme un soldat de la croix. Je fléchis genoux Au soir des idéaux pour sauver les burnous, Réparer les brèches, rendre le pays preux ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 16 juillet 2013 – Lomé.

INVESTIR DANS LA SANTÉ MENTALE

J’investis deux pour cent dans la santé mentale Et j’attends les mêmes résultats que partout. Ce budget moribond présente des atouts : Pourquoi perdre du temps à soigner de banals Malades qui tombent sitôt dans l’infernale Roue de la maladie ? Mes priorités, tous Domaines confondus, sont claires. J’ai surtout Envie de m’attaquer aux sources principales, Aux fléaux sociaux, aux épidémies, pas aux Cas rares ! Pour moi, les récidivistes aux maux Éternels ne comptent pas vraiment. Enfermez- Les dans un asile et qu’on en parle plus ! Quant Aux pauvres gens qui les dorlotent, il est fréquent D’entendre leur secours dans les cercles fermés. Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 1er octobre 2012 – Lomé.

HOLLANDE À FLORANGE

J’ai promis à tous les métallos une année De grâce après la tempête. Polyvalent, Ce site va former l’élite, équivalent À la Sorbonne. La recherche, condamnée À sourdre, va porter le projet. Chaque année, Je passerai ici faire le suivi. Lent Mais sûr, ce grand mât va naviguer sans relent De cheval. J’ai promis aux patrons de canner Dans ma verdeur, soucieux de préserver leurs biens. Mon mandat fleurit dans le cœur des ouvriers bien Que la crise joue son mauvais jeu. J’ai promis Aux Français un salut sans le secours d’aucune Main et à la France affranchie une commune Destinée. Aux anges les burnous, les commis ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 29 septembre 2013 – Lomé.

JOURNAL D’UN DOYEN

J’ai fait la réforme de l’université Dans les vieux locaux. J’ai inscrit plusieurs milliers D’étudiants affamés sur un campus, pilier De l’injustice. J’ai fait de la diversité Des écoles un motif de briser la cité En mille morceaux. J’ai fait avec les celliers Un pacte pour fouir diplômes sans palier, Pour recaler sans peur des surdoués. Cité Lacustre, mes étangs bombinent de senteurs Cruels. J’ai augmenté les chances des danseurs De trouver un emploi bienséant et réduit Celles des pauvres de réussir. Forteresse Du diable, j’ai privé de galons les Altesses Et poussé en avant des scélérats. Déduis ! Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 19 février 2013 – Lomé.

EFFONDREMENT DE L’EUROPE

J’ai confié la tête de l’union à l’État Le plus malade, au nom de la démocratie, Montrant les limites d’un système aplati Par le Créateur. J’ai confié ma chute au tas D’immondices que j’ai reprouvé, mon bêta Mettant à nu ma loi inique. Je pâtis De ma folie, serrant les poings. Je compatis D’avance aux douleurs des opprimés, ces fetas Que j’ai foulées aux pieds pour trafiquer l’euro. J’ai confié mon déclin à un lézard, héros Des finances, gérant sa crise financière Interminable avec les miettes de Berlin, Fatigué de porter la gale des merlins Étouffés par les flots du procès fiduciaire. Ananivi Hosé KOUDOUOVOH 02 janvier 2014 – Lomé.